LE JOURNAL DE R.E.A.L.
Des réflexions pour mettre des mots sur ce que tu vis, mieux comprendre ce qui se joue en toi et retrouver tes propres repères.
Des réflexions pour mettre des mots sur ce que tu vis, mieux comprendre ce qui se joue en toi et retrouver tes propres repères.
Il y a des périodes où une question prend beaucoup de place.Est-ce que je dois rester ou partir ?Accepter ou refuser ?
Continuer dans cette direction ou en changer ?
Pourquoi cette situation, qui semblait me convenir jusque-là, devient-elle soudain si difficile à supporter ?
Alors on réfléchit.
On pèse le pour et le contre. On imagine plusieurs scénarios. On demande parfois l’avis de personnes autour de nous. On revient sur la question le lendemain, puis quelques jours plus tard.
Et pourtant, rien ne devient vraiment plus clair.Parfois même, plus on cherche la réponse, plus la confusion s’installe.
Ce n’est pas toujours la décision qui est difficile
Lorsque nous hésitons longtemps, nous pouvons finir par croire que nous avons simplement du mal à prendre des décisions.
Mais ce n’est pas nécessairement le cas.
Il arrive que plusieurs choses se mélangent dans une même réflexion : ce que nous désirons, ce que nous craignons, ce que nous avons l’habitude de faire, ce que les autres attendent de nous, ce que nous pensons devoir être raisonnable de choisir…
Et lorsque toutes ces voix parlent en même temps, il devient difficile de savoir laquelle nous appartient réellement.
La question n’est alors plus seulement :« Quelle décision dois-je prendre ? »
Elle devient :« Qu’est-ce qui est réellement important pour moi dans cette situation ? »
Et cette question-là ouvre un espace différent.
Nous ne partons jamais d’une page blanche
Nos choix ne se construisent pas uniquement à partir de ce que nous voulons aujourd’hui.
Ils sont aussi influencés par notre histoire, nos habitudes, nos expériences, nos responsabilités et les rôles que nous avons progressivement pris dans notre vie.
À force de nous adapter, de tenir compte des autres ou simplement d’avancer sans vraiment nous arrêter, certaines façons de fonctionner deviennent presque automatiques.
Dire oui rapidement.
Éviter de décevoir.
Choisir ce qui paraît raisonnable.
Repousser ce dont nous avons besoin.
Continuer parce que nous avons toujours continué.
Cela ne signifie pas que ces choix étaient mauvais.
Ils ont peut-être même été parfaitement adaptés à une période de notre vie.
Mais ce qui nous convenait hier ne nous convient pas nécessairement encore aujourd’hui.
Et c’est parfois là que la confusion commence.
Chercher davantage n’apporte pas toujours davantage de clarté
Lorsque nous ne savons plus quoi faire, notre premier réflexe est souvent de réfléchir encore plus.
Pourtant, nous pouvons connaître parfaitement les avantages et les inconvénients d’une situation et rester incapables de choisir.
Parce qu’à un moment, il ne manque plus forcément une information.
Il manque parfois un peu de distance.La possibilité de regarder la situation autrement, de ralentir suffisamment pour distinguer ce qui se joue derrière la question apparente.
Qu’est-ce que j’essaie de préserver ?
Qu’est-ce que je redoute de perdre ?
À quoi suis-je en train de dire oui en disant non à autre chose ?
Et si je mettais momentanément de côté ce que les autres pourraient penser, qu’est-ce que je regarderais différemment ?
Ces questions ne donnent pas une réponse toute faite.
Elles permettent de faire émerger quelque chose de beaucoup plus utile : un repère qui nous appartient.
Retrouver un premier repère
Faire de la clarté ne signifie pas forcément repartir avec toutes les réponses.
Parfois, une seule prise de conscience suffit à modifier la manière dont nous regardons une situation.
Nous comprenons pourquoi une décision nous semblait impossible.
Nous identifions ce que nous cherchions à protéger.
Nous réalisons qu’une option que nous pensions vouloir correspond surtout à ce que nous croyions devoir faire.
Ou nous découvrons simplement que nous savions déjà certaines choses, mais que nous ne nous autorisions pas encore à les regarder pleinement.
La clarté commence souvent ainsi.Pas avec une certitude absolue.
Avec un premier repère suffisamment juste pour pouvoir avancer.
C’est précisément dans cet esprit que j’ai créé la Séance Clarté :
un temps individuel de 1 h 30 pour prendre du recul sur une situation précise, mettre en lumière ce qui mérite d’être regardé et faire émerger un premier repère qui vous appartient.
Il arrive que quelqu'un nous pose une question pourtant très simple :
« Et toi, qu'est-ce que tu veux ? »
Et que nous ne sachions pas vraiment quoi répondre.
Nous savons ce qu'il faudrait faire, ce qui serait raisonnable, ce que les autres attendent de nous, ce qui ferait plaisir, ce qui éviterait de décevoir.
Mais ce que nous voulons, nous ? La réponse est parfois beaucoup moins évidente.
Non parce que nous n'avons pas de désirs, d'envies ou de besoins.
Mais parce qu'à force de nous adapter, nous pouvons progressivement perdre l'habitude de les écouter.
Pendant longtemps, s'adapter a peut-être été utile, pour préserver une relation, pour prendre soin de sa famille, pour répondre à des responsabilités, pour maintenir un équilibre.
Et puis, sans vraiment nous en rendre compte, une question peut finir par prendre davantage de place que toutes les autres :
« Qu'est-ce que l'on attend de moi ? »
Alors que celle-ci devient de plus en plus silencieuse :
« Qu'est-ce qui est juste pour moi ? »
Retrouver ses propres réponses ne consiste pas nécessairement à tout remettre en question, ni à prendre de grandes décisions. Cela peut commencer beaucoup plus simplement.
En remarquant ce qui nous apaise, ce qui nous épuise, ce qui nous attire, ce que nous acceptons alors qu'une partie de nous aurait préféré dire non, ce qui nous donne de l'élan.
Et ce qui, au contraire, nous éloigne peu à peu de nous-mêmes.
Ces petits signaux ne donnent pas toujours immédiatement une réponse, mais ils peuvent progressivement nous aider à retrouver quelque chose que nous avions cessé d'écouter : notre propre boussole.
Peut-être que savoir ce que l'on veut ne commence pas par trouver immédiatement la bonne réponse.
Peut-être que cela commence simplement par se redonner le droit de poser la question.
Il nous est souvent arrivé de comprendre quelque chose sur nous-mêmes.
Comprendre pourquoi nous réagissons ainsi.
Pourquoi nous nous épuisons.
Pourquoi nous avons du mal à dire non.
Pourquoi nous doutons autant de nous.
Et pourtant… quelques jours ou quelques semaines plus tard, nous avons parfois l'impression de reproduire exactement les mêmes schémas.
Alors une question apparaît naturellement : Pourquoi est-il si difficile de changer, même lorsque l'on comprend ?
La compréhension est une étape précieuse.
Elle permet de mettre des mots sur ce qu l'on vit, de relier certaines expériences et d'éclairer des réactions qui semblaient jusqu'à-là incompréhensibles.
Mais comprendre quelque chose ne suffit pas toujours à s'en faire un repère personnel.
Une réponse peut sembler juste sur le moment, puis devenir plus difficile à retrouver dans le quotidien.
Pour qu'une compréhension nous appartienne vraiment, nous avons souvent besoin de l'observer, de l'expérimenter et de vérifier comment elle résonne dans notre propre vie.
Peu à peu, ce qui n'était qu'une idée peut devenir un point d'appui.
Non parce ce que quelqu'un nous a donné la bonne réponse, mais parce que nous avons pu reconnaitre ce qui était juste pour nous.
C'est cette conviction qui guide la méthode R.E.A.L. : créer un espace où les prises de conscience peuvent être observées, expérimentées et devenir progressivement des repères personnels.
Dire non semble parfois être une décision simple.
Et pourtant, pour certaines personnes, cela peut devenir particulièrement difficile.
Non parce qu'elles manquent de caractère.
Mais parce que, bien souvent, dire oui a longtemps été une façon de préserver quelque chose d'important :
Avec le temps, ces réactions peuvent devenir tellement automatiques qu'elles semblent faire partie de notre personnalité.
Nous finissons par croire que nous sommes "comme ça".
Alors qu'il s'agit parfois d'une manière de s'être adaptée à son histoire.
Le problème n'est pas de rendre service, ni d'être généreuse.
Le problème apparaît lorsque chaque "oui" nous éloigne un peu plus de nous-mêmes :
Dire non n'est pas toujours un acte de fermeture.
C'est parfois une manière de protéger ce qui compte pour nous : notre énergie, notre équilibre, notre temps, nos limites.
Et, finalement, notre juste place.
Apprendre à poser une limite ne signifie pas aimer moins les autres.
Cela signifie aussi commencer à prendre soin de la relation que nous entretenons avec nous-mêmes.
Le véritable enjeu n'est peut-être pas seulement d'apprendre à dire non.
Il est aussi d'apprendre à écouter ce qui, en toi, demande enfin à être entendu.
